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La Gaule

Matière : Histoire
Niveau : Post-bac (tg ?)
Auteur : maure

La Gaule (ou les Gaules), en latin Gallia, est le nom donné par les Romains aux territoires peuplés par les Gaulois, territoires qui comprenaient la quasi-totalité de la France actuelle, la Belgique, le Luxembourg, le nord de l'Italie (Gaule cisalpine) et une partie de l'Allemagne.
Situation de la Gaule dans l'empire romain.

Les principales traces que nous gardons de la civilisation de la Gaule se trouvent dans les milliers de toponymes qui perpétuent le souvenir des Gaulois[1].
Sommaire
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* 1 Une création romaine
o 1.1 Étymologie
o 1.2 La Gaule avant Jules César
* 2 Le territoire
* 3 Les Gaulois
o 3.1 La langue
o 3.2 L'économie
+ 3.2.1 L'agriculture et l'alimentation
+ 3.2.2 L’élevage du cheval
+ 3.2.3 Le commerce
+ 3.2.4 Un témoignage pour connaître ces peuples: leurs monnaies
o 3.3 Organisation politique et sociale
o 3.4 La religion
o 3.5 L'art gaulois
+ 3.5.1 Un art du décor
+ 3.5.2 Matériaux utilisés
o 3.6 Citations
* 4 La civilisation romaine en Gaule
* 5 La Gaule dans l'Antiquité tardive
* 6 Notes et références
* 7 Annexes
o 7.1 Bibliographie
o 7.2 Articles connexes
o 7.3 Liens externes

Une création romaine[modifier]
Étymologie[modifier]

Les auteurs latins utilisent déjà le nom de Galli (« Gaulois »), pluriel de Gallus, habitants de la Gallia « Gaule », pour désigner les Celtes installés en Gaule et en Galatie.

Le nom de Gallia est attesté pour la première fois chez Porcius Caton au IIe siècle avant J. C., vers 168 environ, mais il est fort probable que son emploi soit plus ancien. Cependant, c'est seulement avec la Guerre des Gaules, de Jules César, que ces concepts vont se diffuser largement.[réf. nécessaire]

On ne connaît pas avec certitude l'étymologie du terme latin, homonyme du « coq » en cette langue, mais il pourrait être lui-même un emprunt au celtique. Peut-être s'agit-il du terme galiā, qui devait désigner la force, terme restitué d'après le vieil irlandais gal, « fureur guerrière », gallois gallud « pouvoir », breton galloud, idem[2]. Les galli serait donc « les forts » ou « les furieux »[3]. Ce terme serait en outre à l'origine des mots français jaillir et gaillard.

Ce n'est qu'à la Renaissance que le nom latin de Galli est associé à son homonyme gallus, coq, devenu ainsi l'animal emblématique de la France lors de la redécouverte de nos ancêtres les Gaulois.

Les mots français Gaule et gaulois sont les traductions usuelles des mots latins Gallia, Gallus et Gallicus, mais ils n'en dérivent pas directement.

En effet, l'étymologie des mots français est probablement différente. La source la plus vraisemblable est le terme par lequel les Germains désignent des peuples non germaniques à l'origine, c’est-à-dire des Celtes ou des locuteurs de langue latine : walha (cf. Walh et les noms anglais pour les territoires celtiques Wales et Cornwall)[4],[5]. D'ailleurs, les significations de « gallois », de « gaulois » et de « celte » en général sont données par les mêmes termes en ancien français. On trouve aussi le mot walois (avec le /w/ des dialectes septentrionaux) pour désigner la langue d'oïl, mot équivalent de Welsche en dialecte alémanique. Aussi, galois au sens restreint d'« habitant de la Gaule » n'est-il attesté qu'à la fin du XIVe siècle et « gaulois » semble une réfection à partir du terme Gaule, déjà attesté chez Wace .

Les termes latins Gallia, Gallus qui désignaient une réalité politique romaine, auront disparu lors de l'effondrement de l'Empire romain et de la constitution de nouvelles entités politiques, notamment du royaume des Francs. Les habitants vont dès lors se considérer comme Franci, vivant en Francia. Ce n'est que plus tard, avec la redécouverte du passé « gaulois », que les lettrés se serviront des termes Gaule et Gaulois pour traduire les mots latins en français, sans que cela n'implique une filiation étymologique entre eux. Dans ce cas, il ne s'agit que d'une simple ressemblance phonétique et sémantique.
La Gaule avant Jules César[modifier]

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Les Gaulois font leur apparition suite à la détérioration climatique de la fin de l'âge du bronze danois vers le Ve siècle av. J.-C., provoquant alors des mouvements de population en provenance des régions bordant la Germanie qui était en pleine expansion et exerçait ainsi une pression sur les peuples voisins (civilisation de La Tène), dont les Belges qui se mêlèrent alors aux populations celtiques jusqu'en Armorique et en (Grande) Bretagne.[réf. nécessaire]

Jusqu'à la conquête romaine, de -58 à -51, le mot Gaules correspond à une aire culturelle et militaire fondée sur une centralité religieuse[6] et des fédérations de peuples alliés ou tributaires qui se comprenaient et se donnaient une origine commune[7], ainsi que le montrent les commentaires de l'antiquité et du haut Moyen Âge ; en revanche, la Celtique désigne, pour les archéologues, l'ensemble des territoires peuplés par les Celtes historiques au deuxième Âge du fer dépassant le cadre de la seule Gaule (le peuple gaulois étant l'un seulement des peuples de langue et de culture celtiques...).

Le nom « Gaulois » ne désigne pas les individus habitants de ce territoire, mais les diverses cités unies dans les principales confédérations (comme les Éduens ou les Arvernes) avec un statut d'allié, de tributaire ou d'invité (pour les peuples ou les éléments de peuples étrangers formant une colonie ou bénéficiant d'un traité d'hospitalité). Lorsqu'elles ne les ont pas chassés ou massacrés, les cités gauloises ont recouvert ou absorbé les peuples préexistants qui n'ont plus de droit de cité.

Une assemblée des Gaules (il s'agirait des trois circonscriptions territoriales galloromaines: Gaules aquitaine, celte et belge) est mentionnée tardivement.

Tacite dit que dans le temps qu'Auguste mourut, Germanicus se trouvoit occupé à faire le recensement des Gaules, ce qui suppose la tenue d'une assemblée de cette grande province. Nous trouvons encore une autre séance de l'assemblée des Gaules sous le règne de Vespasien. L'histoire de Tacite nous apprend que sous cet empereur il se tint une assemblée des députés de toutes les Gaules, qui paraît avoir été une assemblée représentative réglée[8],[9].

Le territoire[modifier]
Vue générale des territoires de la civilisation de Hallstatt et de La Tène. Le berceau du Hallstatt (- 800) est en jaune foncé, et les territoires sous son influence (- 500) sont en jaune clair. Le berceau de La Tène (-450) est en vert foncé et les éventuels territoires sous son influence (- 50) sont en vert clair. Les territoires de quelques tribus celtes importantes sont nommés.

Vers -475 / -450, les territoires de la future Gaule au début de la Tène (deuxième âge du fer), étaient englobés dans un vaste ensemble continental s'étendant de l'Atlantique jusqu'au Danube et étaient nommés « celtiques » par les premiers témoignages écrits dont nous disposons : ceux des Grecs (notamment Aristote, élève d'Isocrate et de Platon, -384 à -332).

Le nom « Gaulois » (latin galli) est attesté, quant à lui, pour la première fois sous la plume de Caton l'Ancien vers -168, pour désigner les habitants de la Celtique qui avaient envahi la plaine du Pô, c'est-à-dire les habitants de la Gaule cisalpine. On sait principalement grâce à l'étymologie qu'il s'agissait bien de peuples nord-alpins.

Au milieu du premier siècle avant l'ère chrétienne Jules César divise la Gaule transalpine en trois parties : la Celtique, l'Aquitaine et la Belgique (cf. carte). Il est possible que ce découpage schématique correspondait à des considérations géopolitiques propres aux Romains, bien que César ayant parcouru le territoire gaulois pendant sept ans, et ayant préparé toutes sortes de stratégies pour conquérir la Gaule soit assez précis dans ses descriptions des différentes tribus dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules. Si la Gaule proprement dite apparaît sous la plume des Romains, elle trouve aussi sa définition à travers l'histoire de sa conquête par ces derniers.

Schématiquement, la conquête romaine de la Gaule fut réalisée en trois phases :

* la conquête de la Gaule cisalpine, comprenant la plaine cispadane et la transpadane (fin du IIIe siècle avant l'ère chrétienne), bientôt nommée « Gaule en toge » (gallia togata) ;
* la conquête de la Narbonnaise, c'est-à-dire le sud-est de la France et la vallée du Rhône (dernier tiers du IIe siècle avant l'ère chrétienne) après la bataille du confluent, nommée « Gaule en braie » (gallia bracata) par opposition à la Gaule cisalpine ;
* la conquête de la « Gaule chevelue » (gallia comata), c'est-à-dire du reste de la France, de la Belgique et du plateau suisse (milieu du Ier siècle avant l'ère chrétienne).

La Cisalpine, intégrée à l'Italie sous la République, devint une extension de Rome, tandis que la Narbonnaise constitua une « province » romaine située hors d'Italie (le mot latin provincia, littéralement « vaincue précédemment », a donné le nom Provença en occitan, « Provence » en français).

Les noms « Gaule » et « Gaulois » restèrent quant à eux en usage pour désigner les provinces romaines s'étendant sur le reste de ces territoires (France, Belgique et plateau suisse actuels) et leurs habitants de culture romaine (que l'archéologie et l'historiographie française désignent erronément sous le néologisme Gallo-romains).

En -12, Auguste instaura la première « institution » supra-provinciale de l'Empire avec le « conseil des trois Gaules » (concilium trium Galliarum) réunissant chaque année les représentants des cités de la Gaule lyonnaise, de la Gaule aquitaine et de la Gaule belgique à Lugdunum pour célébrer le culte impérial. Il est probable que ce geste ne faisait que confirmer les liens anciens qui existaient entre les habitants de ces territoires. Ce sont ces liens, tissés de proche en proche, qui peuvent expliquer en définitive le caractère unitaire que laisse entrevoir, au-delà des disparités, la description de la Gaule par César près d'un demi-siècle avant.
Les Gaulois[modifier]
Les différents peuples gaulois avant la conquête romaine

À l’origine, les Celtes, ou encore leurs prédécesseurs ont pu peupler l’Europe centrale. Vers -500, ils auraient commencé à émigrer vers le nord-ouest pour constituer, deux cents ans plus tard, une partie importante de la population des différentes régions de la Gaule. Enfin, ils auraient commencé d'importantes migrations vers l'Italie et vers l'est de l'Europe à la fin du Ve siècle av. J.-C.. Mais il est aussi maintenant proposé[Par qui ?] que ces populations celtiques ont pu, également, être des communautés locales, reconnues et nommées celtes par les colons et commerçants méditerranéens (cf. l'exemple de la Celtique méditerranéenne).

À l'époque de la conquête par Rome de la Gaule chevelue, si les territoires des Celtes se sont considérablement réduits, ces derniers conservent néanmoins des liens entre eux de la Bohême jusqu'à l'île de Bretagne, comme l'indique la présence de témoignages archéologiques danubiens parmi les guerriers de Vercingétorix ou encore, les liens importants entre les peuples belges du nord de la Gaule et ceux de la Tamise.

Ces liens peuvent s'expliquer, dans le cas de la Gaule, par l'existence d'un réseau de « clientèles » qui tient de proche en proche certaines tribus, certains peuples dans la dépendance d'autres, plus riches ou plus nombreux et disposant éventuellement d'un territoire plus étendu. L'existence de « fédérations » de peuples est attestée dans l'ensemble du domaine celtique : parmi les peuples transpadans de la Gaule cisalpine au IIIe siècle avant l'ère chrétienne, dans le midi de la Gaule au IIe siècle avant l'ère chrétienne (les Salyens) ou encore en Gaule chevelue avant la guerre des Gaules (Arvernes, Éduens, Bituriges et Séquanes).

Pour expliquer l'aire géographique de la culture matérielle laténienne dans son intégralité, même à l'échelle de la Gaule, ce schéma est toutefois insuffisant et il faut écarter la question du peuplement.

La thèse d'une invasion celtique qui aurait placé sous sa coupe les populations indigènes, telles que les Ligures mentionnés par les premières sources grecques, n'a plus cours aujourd'hui. Il est en effet très difficile d'associer les changements sociaux et techniques qui caractérisent la naissance de la civilisation celtique de La Tène à des changements ethniques[réf. nécessaire].

Aussi, il est bien plus probable que le peuplement de la Gaule fût, pour la majorité, hérité des brassages millénaires des peuples durant la Préhistoire et que la culture laténienne se diffusa progressivement, par apports successifs depuis un berceau ou « complexe » nord-alpin (voir Civilisation de Hallstatt).

Parallèlement, d'autres apports culturels ont pu se diffuser à partir des régions atlantiques.

Les cultures mégalithiques de la façade atlantique (Irlande, Pays de Galles, côte armoricaine), notamment, attestent l'existence de liens culturels et économiques entre ces régions depuis la préhistoire. Comme le relève B. Cunliffe (Les Celtes, Paris, 1996), des mégalithes furent d'ailleurs réemployés durant la période gauloise, comme en témoignent des motifs celtiques présents sur nombre d'entre eux. Enfin, d'autres mégalithes devaient avoir conservé un caractère sacré pendant la période chrétienne, comme en témoignent les croix dont ils furent alors surmontés.

Parmi ces apports éventuels à la « civilisation » gauloise, Jules César, dans son commentaire sur la guerre des Gaules mentionne que le druidisme venait de Grande-Bretagne. Rien ne peut confirmer ou infirmer cette affirmation.

En définitive, des nombreux peuples ou fédérations de peuples présents en Gaule à la veille de la conquête romaine, il reste des contours de « frontières », dont l'existence fait cependant débat (les limites des terroirs du haut Moyen Âge, sans doute antérieures à la période celtique pour la plupart) et un « substrat » linguistique longtemps sous-évalué. L'étymologie, enfin, a conservé le nom de populations gauloises, nom qui désigne encore les habitants de régions et de villes françaises actuelles : par exemple, les Allobroges sont les habitants de Grenoble ou les Auvergnats, les habitants de l'Auvergne qui couvre le territoire arverne (sud est de l'Allier, le puy de Dôme, nord ouest de la Haute-Loire et le Cantal).

* sur le peuplement protohistorique de l'Europe : voir Celtes.
* à l'époque gauloise : voir peuples gaulois.
* durant la conquête romaine et à l'époque romaine : voir Gaule romaine.

La langue[modifier]
Article connexe : Gaulois (langue).

La majorité des habitants de la Gaule protohistorique parlent principalement 3 langues, déclinées en plusieurs dialectes. Jules César mentionne cependant qu'à son époque les trois parties de la Gaule se distinguent par les coutumes, les mœurs, mais aussi par la « langue ». Cette affirmation est très délicate à comprendre : Jules César veut-il parler de trois langues bien distinctes? Il semblerait alors qu'en Gaule celtique entre Seine et Garonne, comme en Gaule cisalpine avec le lépontique, que les Celtes utilisaient déjà avant l'arrivée des Gaulois une langue du groupe celtique continental [10], tandis que les Aquitains au sud de la Garonne auraient parlé une langue issue du proto
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