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12 fév. 2012
Le Mondain, Voltaire
rédigé par
eden1701 
- le 12 février 2012 à 16:53
Bonjour à tous ,
Je suis en 1ère et j'aurai besoin d'une certaine aide pour mes révisions du bac blanc..
Je m'entraine sur une oeuvre de Voltaire , "Le Mondain", je cherche à développer un axe de lecture par rapport au Bonheur mais apparemment je ne suis pas assez compétente ou seulement non inspirée ; je pense et j'espère profondément que vous pourrez m'apportez une aide qui serait grandement précieuse.Merci à tous , j'attends votre réponse
(ci dessous, l'oeuvre de Voltaire=)
"Regrettera qui veut le bon vieux temps
Et l’âge d’or, et le règne d’Astrée (1)
Et les beaux jours de Saturne et de Rhée
Et le jardin de nos premiers parents;
Moi, je rends grâce à la nature sage
Qui, pour mon bien, m’a fait naître en cet âge
Tant décrié par nos tristes frondeurs:
Ce temps profane est tout fait pour mes mœurs.
J’aime le luxe et même la mollesse,
Tous les plaisirs, les arts de toute espèce,
La propreté, le goût, les ornements:
Tout honnête homme a de tels sentiments.
Il est bien doux pour mon cœur très immonde
De voir ici l’abondance à la ronde,
Mère des arts et des heureux travaux,
Nous apporter, de sa source féconde,
Et des besoins, et des plaisirs nouveaux.
L’or de la terre et les trésors de l’onde,
Leurs habitants et les peuples de l’air,
Tout sert au luxe, aux plaisirs de ce monde.
Oh! le bon temps que ce siècle de fer !
Le superflu, chose très nécessaire
A réuni l’un et l’autre hémisphère.
Voyez-vous pas ces agiles vaisseaux
Qui du Texel (2), de Londres, de Bordeaux
S’en vont chercher, par un heureux échange,
Ces nouveaux biens, nés aux sources du Gange,
Tandis qu'au loin, vainqueurs des musulmans
Nos vins de France enivrent les sultans!
Quand la nature était dans son enfance
Nos bons aïeux vivaient dans l’ignorance,
Ne connaissant ni le tien, ni le mien;
Qu’auraient-ils pu connaître? ils n’avaient rien;
Ils étaient nus, et c’est chose très claire
Qui n’a rien n'a nul partage à faire.
Sobres étaient. Ah! je le crois encor:
Martialo (3) n’est point du siècle d’or;
D’un bon vin frais ou la mousse ou la sève
Ne gratta point le triste gosier d’Eve;
La soie et l’or ne brillaient point chez eux.
Admirez-vous pour cela nos aïeux?
Il leur manquait l’industrie et l’aisance:
Est-ce vertu?C’était pure ignorance.
Quel idiot, s’il avait eu pour lors
Quelque bon lit, aurait couché dehors?"
("Le Mondain")